Page principale > Histoire > Les Photographes > Michaël DHOSTE  
 

Les Photographes

Michaël DHOSTE
( 1877 - 1948 )

 

MICHAËL DHOSTE médecin photographe.


En avril 2003 le musée ethnographique de Bordeaux a affiché sur son site internet une série de 354 photographies du docteur Michaël Dhoste prisent entre 1901 et 1905 dans les îles Saint-Pierre et Miquelon.
Avec l ‘aimable autorisation de M. Olivier Thomas du musée ethnographique de Bordeaux voici la biographie du Docteur Michaël Dhoste(1877-1948) et quelques photographies prises lors de son séjour dans les îles Saint-Pierre et Miquelon.
Pour admirer la totalité de la collection et en savoir plus sur le Dr Dhoste il faut visiter la photothèque du musée ethnographique de Bordeaux sur le site indiqué dans les liens.

Les photographies du Dr Dhoste sont très importantes pour les habitants des îles Saint-pierre et Miquelon, elles nous montrent comment vivaient nos ancêtres au début du XX siècle. Par ses photos le Dr Dhoste nous permet de revivre les activités dans les îles au fil des saisons. Avec également un inventaire complet de l'architecture locale relative à cette époque.
Parmi les tirages expédiés au musée ethnographique de Bordeaux dès 1904 par le Dr Dhoste certaines photos sont connues à Saint-Pierre aujourd’hui comme étant de Paul Milleret (1867-1944) directeur du câble Français et photographe amateur entre 1900 et 1911 à Saint-Pierre, les deux hommes ont probablement développé ensemble quelques plaques et se sont sans doute échangés quelques tirages ce qui peut expliquer l’attribution à l’un ou à l’autre de certaines photographies de l’époque.

Paul Milleret extrait du livre" Images de Saint-Pierre et Miquelon" de Yves Leroy et Jean-Pierre Castelain édité en 1991.

Lucien Girardin

 

 

Le docteur Michaël Dhoste, nommé officier de Santé à Miquelon, vit son matériel photographique précipité dans l'eau avec son mobilier et ses bagages au moment où il accostait à Miquelon pour y prendre ses fonctions, le 26 juin 1903. ( Archives SPM SC 2019 extrait du livre "Images de Saint-Pierre et Miquelon" 1991).

Lettre envoyée au musée ethnographique de Bordeaux en 1904 par le Dr Dhoste.

Miquelon, 5 Février 1904


Monsieur le Secrétaire et ami, je vous adresse, en paquet recommandé, une première collection de photographies prises dans la colonie que j’habite. J’espère qu’elles vous intéresseront, et que, prenant place au Musée colonial, que vous savez accroître chaque jour avec une intelligence éclairée, elles auront peut-être l’avantage d’arrêter le regard des camarades qui seraient tentés, les pôvres, de venir goûter de ces contrées arides et mornes. Vous reconnaîtrez, j’en suis sûr, que mon jugement n’est pas surfait. Il faut avoir tué père et mère pour venir s’établir définitivement ici. Et comme je ne suis pas en condition, j’oserai vous dire qu’il me tarde bien d’en sortir ! Je sui pourtant philosophe et peu enclin à la mélancolie. Le serai-je d’ailleurs, que mon foyer, d’une goûté qui détonne dans le pays, me ramènerait à de meilleurs sentiments !
J’ai à m’excuser de vous faire parvenir de trop souvent mauvaises épreuves. La difficulté de mettre en papier ici, est assez grande. Les réactifs et les bains gelant instantanément dans la cuvette. Il faut toute une installation pour pouvoir arriver à un modeste résultat. Je vous prépare néanmoins, pour d’ici peu, une collection de l’Ile aux Chiens et de Miquelon, les deux autres habitées après St Pierre.
L’éducation par l’image est encore une des meilleures – on se fait une idée du pays que l’on a vu sur le papier. Et c’est pourquoi j’ai l’intention de vous continuer, dans la contrée que je pourrai visiter dans l’avenir, des séries d’épreuves, quelque mauvaises qu’elles soient.
La circulaire qu’a lancée dans la colonie, au mois de Septembre dernier, l’institut colonial de Bordeaux, est venue stimuler mon zèle, et peu après mon installation à Miquelon je me suis mis à l’œuvre.
J’ai appris avec regret que l’école d’application de médecine coloniale était définitivement installée à Marseille. La faculté de Bordeaux n’aurait pu qu’y gagner, et vous, cher monsieur et ami, que vous réjouir de cette extension nouvelle. Vous avez néanmoins assez de besogne pour occuper votre activité et je me rappelle le surmenage que vous occasionnaient la période d’examen ! [...] Il est bien juste que je m’en souvienne et que je vous le témoigne modestement !
Je recevrai avec plaisir de vos nouvelles. En attendant, veuillez, cher monsieur, et ami, me considérer comme votre cordialement dévoué.
Bien Vôtre
Dr M. Dhoste


LE DOCTEUR MICHAËL DHOSTE, MEDECIN NAVALAIS

Michaël Dhoste (1877-1948)
Amateur d’Art et de musique, il fait ses études de médecine à l’Ecole principale du Service de Santé de la Marine et des colonies de Bordeaux en compagnie de Victor Segalen. C’est à la fin de ses études de médecine, qu’il est nommé, comme Officier de santé à St Pierre et Miquelon en juin 1903. Il retrouvera, vers 1908, à Saïgon, Victor Segalen. En Asie, Michael Dhoste abandonne sa carrière militaire et s’oriente vers le commerce au sein des Messageries maritimes. Il demeure un remarquable donateur pour le musée. Ses dons seront toujours très méticuleusement documentés (fait exceptionnel !).

Remarques de Victor Segalen sur Michaël Dhoste :
In Gilles MANCERON, Segalen, Ed. J.C. Lattès, Paris, 1991, p.67-68.

Michaël Dhoste et Victor Segalen en 1899.

… « A l’Ecole Victor Segalen s’était fait un ami en la personne de Michaël Dhoste, qui appartenait à la même promotion que lui et sympathisait aussi avec Mignard. « Ce brave Dhoste, écrit-il à ses parents au début de 1899, il est temps que je vous en parle un peu : grand, barbe noire frisée, yeux expressifs comme sa personne, expansif à l'extrême, sujet à des accès de sensibilité alternant avec des périodes de gaieté folle ; quand il le veut d'une délicatesse exquise, excellent danseur, musicien jusqu'au fond de l'âme, réduit malheureusement au rôle d'auditeur, d'une complaisance extrême, détesté d'une moitié de la promotion ? la moitié brute et bassement envieuse ? adoré de quelques amis, de ceux qui ont pu le comprendre. » « je n'espérais guère, ajoute-t’il, trouver un ami aussi en rapport avec mes goûts à l'école. » Segalen le rencontre de nouveau, dix ans plus tard à Saïgon… »

Par son assiduité dans les dons le jeune Dr Dhoste est de loin le meilleur « élève » du Musée. Appréciant et apprécié par Paul Louis Lemaire, Dhoste sait qu’il lui doit beaucoup. Il sait pour avoir suivi la progression de l’installation du Musée, l’énorme investissement que fait le conservateur qui n’a de cesse de trouver un nouvel objet ou de rechercher la documentation la plus appropriée aux expositions. C’est ainsi qu’il collecte également pour le musée des roches qu’il adressera en juillet 1903 au Musée, à peine un mois après son arrivée.

Olivier THOMAS

Musée ethnographique de Bordeaux.



Accueil
Préface
Cartes postales
Galerie et portfolio
Biographie
Infos techniques
Livres édités
Sténopé
Photos du mois
Liens
Guide d'achat
Histoire
E-mail