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Les Photographes

Amédée BREHIER
( Saint-Pierre 1865 - Courbevoie 1933 )

" Portrait d'Amédée Bréhier à vingt cinq ans "( vers 1888)
Par Alexandre Henry Bannerman
Collection Pierre Mahey

Né à Saint-Pierre le 13 février 1865, Amédée Auguste Martinien Bréhier est le fils de François Bréhier ( 1835-1907 ), de Saint-Pair ( Manche ), marin pêcheur s'étant installé à Saint-Pierre comme maître voilier, et de Pauline Allain ( 1843-1874 ), fille d'un cafetier de Saint-Pierre originaire de Carolles ( Manche ). Un second fils, Francis naîtra de cette union en 1868. François Bréhier prit des parts d'armements, mais ses affaires tournèrent mal et il partit s'installer, ruiné, en 1870 avec sa famille à Boston. Vie difficile à Boston, Pauline fait des travaux de couture, Amédée apprend l'anglais. En 1874, Pauline meurt, probablement de tuberculose. Amédée n'a que neuf ans. François Bréhier ramène ses enfants à Saint-Pierre, devient " maître de cabotage ", navigue, reprend des parts d'armements et cette fois-ci la fortune lui sourit. Il se remarie en 1884 avec Marie Lebreton, veuve Jean. Amédée, après avoir tenté la carrière d'armateur ( il paie patente en 1888 pour une goélette jaugeant quarante-six tonneaux, la " Percy Roy " ), fonde en 1889 à Saint-Pierre " L'Imprimerie Saint-Pierraise " - librairie, fournitures de bureaux - et se lance dans l'édition de cartes postales, à partir de ses propres photographies ou de celles d'un confrère qui deviendra un concurrent, Alfred Briand.

Le 11 août 1892, à vingt-sept ans, Amédée Bréhier épouse Marie Bidel, fille de Gustave Bidel, négociant à Saint-Pierre, dont la famille est également originaire de la région de Granville ( Manche ). De ce mariage naissent deux filles : Anita en 1893 et Jeanne en 1895.

Amédée Bréhier avait un sens très aigu des affaires. Il sut au bon moment se lancer dans l'édition de cartes postales, profitant de la venue à Saint-Pierre d'une main-d'œuvre saisonnière très nombreuse chaque année, pour le travail des graves, l'entretien des navires ou tout simplement pour la pêche. Ne sachant souvent qu'à peine écrire, ces marins et ces ouvriers pouvaient néanmoins expédier aux leurs, restés en métropole, quelques mots brefs au verso d'une image des contrées où ils peinaient.

Le 27 octobre 1898, Amédée Bréhier sollicite du gouvernement de Saint-Pierre l'autorisation d'exposer, à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris de 1900, " des petits albums de vues photographiques représentant des sujets d'ensemble et d'intérêt général des Iles Saint-Pierre-et-Miquelon ". Et il ajoute " je vous serais reconnaissant de vouloir bien me laisser savoir si l'administration de l'exposition se chargerait de la vente, aux visiteurs, de ces albums, dont je tiendrais plusieurs centaines à disposition de qui de droit, au prix de un franc pièce, et afin de me permettre de rentrer dans mes frais d'édition ". Il signale dans ce même courrier qu'il " édite également un annuaire commercial très complet des Iles Saint-Pierre-et-Miquelon dont il serait avantageux, je crois, d'étendre la circulation, afin de faire mieux connaître notre importance maritime et commerciale " ( 1 ).

Sens des affaires et de l'à-propos, opportunisme et flair étaient les grandes qualités d'Amédée Bréhier. On ne sait quelle fut la réponse du Gouverneur, ni si les albums furent édités. En 1894, puis en 1897, on le signale à Paris où il doit séjourner pour ses affaires. En 1911, la récession économique dans l'Archipel l'ayant sans doute amené à prendre cette décision, il quitte Saint-Pierre-et-Miquelon et fonde à Paris avec un associé New Yorkais nommé Wyers, une grosse affaire d'Import-Export. Puis il devient propriétaire de " Wyers et Bréhier ", située Quai du Louvre à Paris ( et qui existe toujours ), articles de pêche, fournitures aux armements morutiers, articles américains.

Son passeport, délivré par l'Administrateur des Iles Saint-Pierre-et-Miquelon au moment de son départ, donne de lui le signalement suivant : " Taille, 1m 70, front haut, nez droit, yeux gris, bouche ordinaire, menton rond, cheveux châtains, barbe châtaine, visage ovale. Voyageant avec sa femme et ses deux jeunes filles ".

Amédée Bréhier est décédé le 25 novembre 1933 d'une crise d'urémie à l'hôpital de Courbevoie. Son petit-fils, M. Pierre Mahey, conserve deux volumineux albums de tirages d'Amédée Bréhier, représentant quelque six cents vues des îles des années 1890-1900 et montrant énormément d'aspects de la vie quotidienne et des activités de la Colonie.

( 1 ) Archives Départementales de Saint-Pierre-et-Miquelon ( SC 1789 )
Y.L-JP.C

Quelques photos d'Amédée Bréhier

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